Romain, médecin généraliste salarié dans un centre de santé (Filieris Lens, 62)

Après avoir exercé plusieurs années en médecine d'urgence, je suis aujourd'hui médecin généraliste salarié dans un centre de santé.

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Romain Majchrzak médecin généraliste salarié au centre de santé Filiéris à Lens

Je projette d’être médecin depuis mes 4 ans ! J’aurai décidé de cela après le passage d’une ambulance d’un SMUR (Service Médical d’Urgence et de Réanimation) lorsque je me promenais avec ma mère dans la rue. Je suis petit fils d’un mineur de fond, et mes parents étaient ouvriers. J’ai eu la chance de visiter le SAMU 59 pour la 1ere fois à l’âge de 11 ans et j’y ai ensuite fait mon stage de 4e.

Quel a été votre parcours de formation pour devenir médecin ? 

J’ai passé un « bac S » scientifique avec la spécialité physique-chimie au lycée Faidherbe de Lille. Je conseille vivement au jeunes qui souhaitent devenir médecin un bac général avec des choix de matières scientifiques comme mathématiques, physique-chimie et SVT car une culture scientifique est indispensable à la réussite des études de médecine. 

J’ai obtenu le Diplôme d’État de Docteur en Médecine ainsi que le DES (Diplôme d’Études Spécialisées) en médecine générale et le DESC (Diplôme d’Études Spécialisées Complémentaires) en médecine d’urgence à la l’Université de Lille. Pour me préparer à certaines situations très particulières, j’ai notamment complété ma formation initiale par une capacité de médecine de catastrophe, et les diplômes universitaires « polytraumatisé grave », « traumatologie d’urgence » et « contentions ». 

J’ai repris mes études dans le sillon de la crise sanitaire du Covid19, durant laquelle j’ai pris des responsabilités de planification et de management dans la gestion des patients Covid. J’ai également assuré la direction d’un centre de vaccination. Le travail en lien avec les tutelles et représentants de l’État m’a poussé à réaliser un master de gestion et politiques de santé à Sciences Po Paris avec un mémoire de fin d’étude portant sur le rôle du médecin généraliste en France en 2023. 

En quoi consiste votre métier de médecin généraliste  ?

Mes activités principales auprès de mes patients sont de poser un diagnostic et d’établir un traitement. J’assure également leur suivi médical et j’ai un rôle de prévention. Lorsque cela est nécessaire, je réoriente mes patients vers un médecin spécialiste.

L’avantage à exercer comme médecin salarié est que je ne suis jamais seul. L’équipe du centre de santé est toujours composée au minimum d’un secrétariat médical ou d’un assistant médical et d’infirmiers. Le plus souvent nous sommes plusieurs médecins présents sur place. Cette organisation rompt l’isolement potentiel d’un exercice en médecine de ville et permet de pouvoir parler de certains patients entre confrères dans le cadre de réunion de concertation. 

Quelles sont vos conditions de travail ?

En tant que médecin salarié, mon salaire est sensiblement équivalent à celui des praticiens hospitaliers. Nous démarrons aux alentours de 3 500 euros par mois et nous avons accès au comité d’entreprise et à une mutuelle.   

J’ai un rythme de travail assez soutenu comme tous les médecins. Celui-ci peut s’adapter en fonction des demandes. Par exemple, certains médecins travaillent à temps partiel.

De manière générale, je commence ma journée vers 8h30 jusque 18h du lundi au vendredi et je participe aux gardes de ville pour la permanence des soins. Je rencontre de 25 à 30 patients par jour. J’effectue le même travail qu’un médecin généraliste libéral s’agissant du suivi médical de mes patients. Par contre, l’ensemble de la logistique du cabinet comme la comptabilité, le nettoyage des locaux, les commandes de matériel etc … est assuré par mon employeur. Je ne m’occupe de rien d’autre que de mes patients ! 

Pourquoi avoir choisi ce métier ?

En début de carrière, j’ai été dans l’action et l’adrénaline en exerçant en tant que médecin du SMUR – Structures Mobiles d’Urgence et de Réanimation. Puis au bout de 5 ans, j’ai eu envie de tisser un lien plus durable, avoir un autre rapport avec mes patients que 10 minutes en phase d’urgence, avec une issue parfois dramatique. Globalement, ce qui m’a toujours animé en tant que médecin, c’est d’améliorer les choses tant à l’échelle du patient lui-même qu’à l’échelle plus large d’une population. 

Ce que j’aime le plus dans mon métier est d’avoir une certaine liberté et autonomie et de ne pas faire la même chose tous les jours.

Quels conseils donneriez-vous aux jeunes qui souhaitent suivre votre voie ?

Osez, tentez ! il ne faut pas se priver d’essayer même lorsqu’on vient d’un milieu social modeste. Les limites que l’on se met entraînent l’apparition d’un plafond de verre. Vraiment, il faut essayer avant de dire que ce n’est pas possible. Je suis petit fils d’un mineur de fond, fils d’ouvriers et pourtant j’ai osé le faire… et j’ai réussi !

Le rythme est dense et la charge de travail conséquente, sur une longue période. Au début de mes études de médecine, je n’avais pas la bonne méthode de travail. Donc je conseille d’avoir une méthodologie rigoureuse, de produire un travail régulier, car médecine, c’est un marathon, pas un sprint.

Il est vrai que faire médecine demande des sacrifices dans ses relations sociales. Cependant, j’ai de bons souvenirs de moments de cohésion avec d’autres étudiants et amis, à travailler ensemble à la bibliothèque, à se soutenir mutuellement dans les étapes de nos études longues.

Il est aussi important d’éviter l’isolement. Je conseille vivement, dans la mesure du possible, de rester chez ses parents pour d’une part, être entouré et d’autre part, avoir le moins de logistique à gérer pour pouvoir se consacrer entièrement aux études. 

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