Bryan, ingénieur, cogniticien et fondateur de la startup Dimarc

En tant que Cogniticien, je crée des systèmes intelligents avec l’IA qui aident les gens dans leur travail ou leur vie quotidienne ; mon métier est un mélange d’informatique, de psychologie et de sciences humaines.

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Quel a été ton parcours ?

J’ai eu un parcours scientifique, avec un fort attrait pour les mathématiques, qui apprennent à structurer sa pensée, un peu comme la philosophie, où l’on organise des idées de manière rigoureuse et claire.

Après le bac, j’ai intégré HEI Lille (Junia) une école d’ingénieurs généralistes, où j’ai étudié l’informatique tout en découvrant qu’une question allait guider toute ma carrière : comment les humains réfléchissent-ils vraiment ?

A l’occasion d’un échange au Canada, j’ai suivi un cours d’introduction à l’IA. Ce fut une révélation : j’ai compris que l’IA pouvait être un outil pour mieux comprendre l’humain, plutôt que de simplement automatiser des tâches. J’ai alors décidé de me spécialiser en sciences cognitives (l’étude du cerveau et de la pensée), et j’ai réalisé un doctorat à l’Université de Bordeaux (33) sur la confiance dans les systèmes utilisant l’IA.

Chaque expérience m’a aidé à construire mon projet : utiliser l’IA pour aider les humains à gagner du temps et à se recentrer sur ce qui compte vraiment, comme les relations humaines. Le métier de cogniticien, encore peu connu, est selon moi un métier d’avenir

Comment définirais-tu l’IA ?

L’intelligence artificielle est un ensemble de techniques qui permettent aux machines de simuler des comportements intelligents : comprendre du langage, prendre des décisions ou apprendre à partir de données.

Intelligence humaine et artificielle doivent être utiles l’une à l’autre : l’IA est une aide, un soutien (comme automatiser des tâches répétitives) qui nous laisse le temps de créer et d’innover. Si l’IA permet aux machines de devenir intelligentes, elle donnera plus de temps pour la relation humaine.

En quoi consiste ta start-up, Dimarc.ai ?

Dimarc est une start-up française basée à Lille (59).  Nous y développons une plateforme SaaS (un logiciel accessible en ligne), qui permet aux entreprises, surtout les petites et moyennes entreprises, de créer des agents IA (programmes intelligents) personnalisés. Ces agents peuvent :

  • Analyser des données (par exemple, retrouver des informations dans des centaines de documents).
  • Rédiger des textes (rapports et comptes rendus).
  • Gérer des tâches administratives pour libérer du temps aux équipes

Concrètement, nos clients gagnent entre 50 % et 70 % de temps sur ces tâches, ce qui leur permet de se consacrer à des missions plus intéressantes.

Nous utilisons des technologies open source (libres d’utilisation) et stockons les données en France pour garantir leur sécurité et leur souveraineté (c’est-à-dire qu’elles ne dépendent pas des États-Unis ou de la Chine). Notre ambition est d’aussi adapter ces outils sont plus proches de nos valeurs européennes (que ne le sont les outils américains). La science doit se faire avec conscience.

Dimarc compte aujourd’hui 7 personnes et est incubée à Euratechnologies, un lieu qui aide les start-ups à se développer. On travaille avec des clients variés, comme des cabinets d’avocats ou des petites entreprises de secteurs très variés.

Penses-tu que l’IA soit compatible avec le développement durable ?

L’IA peut effectivement être un outil puissant au service du développement durable :

  • elle permet de mieux gérer les ressources (matières premières).
  • elle aide à trouver des solutions écologiques (par exemple, optimiser les trajets de livraison pour polluer moins).
  • elle peut accélérer la recherche sur les énergies renouvelables.

Quels conseils donnerais-tu à des jeunes qui hésitent sur leur orientation ?

Soignez les mathématiques et le français. Cela vous sera très utile, y compris dans le numérique et l’IA.

Suivez aussi vos passions ! Si vous aimez les maths, la logique ou la psychologie, explorez ces domaines. L’IA a besoin de tous les profils.

Apprenez à réfléchir par vous-même. C’est peut-être le conseil le plus important : l’IA peut faire beaucoup de choses, mais elle ne remplacera jamais votre capacité à analyser une situation, créer et innover. Ne devenez pas la génération qui sous-traite sa pensée !

Et surtout : amusez-vous, rencontrez, voyagez. Lisez des livres variés, discutez avec des gens qui ne pensent pas comme vous. La curiosité est la compétence la plus précieuse que vous puissiez cultiver — et aucune IA ne peut la remplacer.

 

Laisse-toi surprendre par les possibilités de l’IA.

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