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L’usine Bombardier à cœur ouvert


L’usine Bombardier, à Crespin, est le premier site industriel ferroviaire français. Visite au cœur d’un fleuron de l’économie des Hauts-de-France.

“Ici, le futur Transilien. Là, les TER nouvelle génération appelés à sillonner les rails dans toute la France…” Ce matin, c’est Bernard Plaquin, le concepteur du train “Francilien” en personne, qui guide un petit groupe d’habitants de la région venus découvrir l’impressionnante usine Bombardier de Crespin, près de Valenciennes (59).

Chaleureux, la passion communicative et le propos précis, il prend visiblement plaisir à l’exercice : “Mon métier depuis près de 40 ans, c’est d’inventer et de concevoir des trains. Et  lorsque nous recevons des visiteurs, surtout dans le cadre très ouvert du Printemps de l’industrie, je suis aussi un représentant de Bombardier fier de dévoiler au public les qualités de l’entreprise” s’enthousiasme-t-il.

Plus de 100 rames produites chaque année

L’usine de Crespin est le premier site ferroviaire français, une ville dans la ville qui emploie 2 000 personnes pour fabriquer une centaine de rames chaque année : des Franciliens, des RER, des rames de métro et bien sûr les trains régionaux Regio 2N  (2N comme 2 niveaux)  dont 25, sur les 159 déjà produits ici, circulent quotidiennement sur les rails de notre région.

De quoi aiguiser la curiosité et l’esprit de découverte des quinze personnes inscrites ce matin pour la visite. Certains ont parcouru plus de 150 kilomètres pour venir et se sont levés tôt pour être au rendez-vous de cette visite exceptionnelle rendue possible par le Printemps de l’industrie.

Une visite passionnante

Maxime, 19 ans, a appris l’événement grâce à la page Facebook de la Région : “J’y suis abonné et lorsque j’ai vu qu’une visite était organisée, j’ai sauté sur l’occasion”. Titulaire d’un bac pro, le jeune homme, passionné d’industrie,  travaille aujourd’hui dans une PME de plasturgie à Hesdin, près du Touquet.

S’il est venu ce matin, après ses heures de travail de nuit, c’est “pour voir comment fonctionne une très grosse usine travaillant sur des procédés à la pointe de la technologie”.  Avec une idée en tête : “ouvrir grands les yeux  et les oreilles pour accumuler un maximum de connaissances”.  Et pourquoi pas un jour intégrer l’usine… Prévoyant, Maxime a pris soin d’avoir sur lui un CV qu’il espère pouvoir déposer à la DRH.

Appareil photo autour du cou, Martine s’écarte du chemin balisé en jaune réservé aux “piétons” dans le bâtiment de production du Regio 2N. Et elle mitraille. Rien n’est caché aux visiteurs qui peuvent même, s’ils le souhaitent, pénétrer à l’intérieur des rames en construction pour y faire des images.

Martine travaille à Saint-Quentin (02), dans l’usine Yamaha. “Je viens voir ici quelles sont les bonnes pratiques, dans une industrie finalement assez comparable à la nôtre, et dont nous pourrions nous inspirer, explique-t-elle. L’intérêt de cette visite est donc à la fois personnel et professionnel”.

Autour de Bernard Plaquin dont ils emboîtent chaque pas, un groupe d’ingénieurs retraités de l’aéronautique est venu exprès de Méaulte (80), où ils habitent toujours. Ils posent de nombreuses questions. Techniques forcément.

De fortes similitudes avec l’aéronautique

Avec le “père” du Francilien qui assure la visite, la connivence entre ingénieurs semble presque naturelle. “Nous sommes trois copains qui avons fabriqué des avions toute notre vie… Alors là, on vient voir comment on fait les trains. On a un peu de mal à décrocher, vous savez” s’amuse Jean-Pierre qui, reprenant son sérieux,  trouve “de très fortes similitudes avec l’aéronautique, notamment le gigantisme des éléments produits, l’obsession de l’excellence, de la sécurité, et le stress de l’approvisionnement en juste à temps des matériaux”.

Après deux heures d’une visite complète de l’entreprise, dont chacun semble repartir avec le sentiment d’avoir vécu un moment privilégié, le “père” du Francilien affiche sa satisfaction :  “Quand ils prendront le TER,  ils ne pourront plus s’empêcher, tout comme moi, de voir les “tripes”, mais aussi le cœur, qu’il y a derrière tout ça”.  Mission partage accomplie.

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