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Guillaume et Thomas Alglave : le carreau d’argile au cœur


L’histoire des céramistes-artistes Guillaume et Thomas Alglave a tout d’une maxime : “tout quitter, sans un regard en arrière, pour exister”. Rencontre, forcément dépaysante et inspirante.

Sans regret, il a troqué le costume complet pour un code vestimentaire plus décontracté, les vestes cintrées pour les chaussures de sécurité. Promis à une brillante carrière dans le droit international des affaires, Thomas Alglave a préféré tout changer. Son aîné, Guillaume, avait lui aussi sa route déjà toute tracée, dans l’architecture.

Ensemble, les deux frères ont décidé de tout recommencer et ont repris une entreprise qui n’en finit plus de rayonner : Les Carrelages de Saint-Samson.

Coups de foudre en série

L’histoire ressemblerait presque à un conte de fées… Un jour de 2008, lors d’une opération “portes ouvertes”, les deux frères – Guillaume et Thomas –  “subissent” de plein fouet un vrai coup de foudre. Voire plusieurs coups de foudre. Pour un lieu, d’abord, témoin d’une activité intense passée : la manufacture de Saint-Samson-la-Poterie (60), à quelques pas de la Normandie. Pour un savoir-faire oublié, ensuite, résolument gravé dans l’ADN de tout un territoire : le travail de la céramique, le modelage et la cuisson de l’argile, extraite dans le pays de Bray voisin. Coup de foudre, enfin, pour l’entrepreneuriat, pour cette envie de faire quelque chose de ses mains, de transmettre et de laisser une “trace”.

Est-ce que je regrette ? Non. Ou alors de ne pas m’être réveillé plus tôt, s’amuse Thomas qui redonne au fil des années son lustre d’antan à une fabrique qui progressivement tombait dans l’oubli. “Après la mise en service des fours en 1836, trois générations de la famille Briard ont travaillé ici à la conception de tomettes en terre cuite. Puis ont suivi un groupe industriel et un entrepreneur privé. En 2008, nous avons racheté cette manufacture, dernière survivante d’une lignée d’une vingtaine d’ateliers que comptait Saint-Samson-la-Poterie avant la Première Guerre mondiale. Nous sommes, en quelque sorte, les derniers mohicans.”

L’argile comme héritage

Au sein de leur entreprise, Guillaume et Thomas Alglave perdure un savoir-faire artisanal âgé de plusieurs décennies. Leur entreprise, Les Carrelages de Saint-Samson, repose sur l’héritage du travail de la matière première qui a fait la richesse de toute une vallée : l’argile. Un matériau polymorphe, qui évolue au gré du climat, de son extraction, du temps de cuisson… Chaque bloc d’argile, qui devra patienter de longues semaines avant de passer sous les mains expertes de Guillaume et Thomas, réserve ses surprises, son lot de coloris, ses “défauts” et sa personnalité qui font son charme.

Il y a un rapport spécial, presque charnel avec la matière, ce ‘je ne sais quoi’ qui nous rappelle que nous ne sommes pas grand-chose, continue Thomas. Tout autour de nous repose une richesse naturelle hors normes, que les anciens exploitaient déjà bien avant nous. Nous avons appris leurs gestes, nous avons adapté leurs techniques pour aujourd’hui proposer une gamme de produits qui nous ressemble : moderne et respectueuse du passé.

Innover et transmettre

À l’origine de l’aventure des deux frères, en 2008, la fabrique de Saint-Samson-la-Poterie continuait de vivre et de produire des carreaux… Thomas et Guillaume, accompagnés d’une famille très investie dans la sauvegarde et la valorisation du patrimoine, mettent la main à la pâte pour donner une seconde vie à la Manufacture. Les frères restaurent, pierre par pierre, les bâtiments. Et ne manquent pas de projets pour continuer de faire rayonner l’expertise toujours intacte des artisans de Saint-Samson-la-Poterie : un musée devrait ouvrir ses portes en 2018, un espace de conférences et de réception un peu plus tard…

On ne se refait pas : ça tourbillonne à l’intérieur, mon frère et moi fourmillons d’idées pour transmettre tout ce que les artisans nous ont donnés avant de nous remettre les clés. Nous leur devons aussi notre réussite, nous employons des outils qui ont toujours été ici, même au cours du XIXe siècle, explique Thomas. Les Carrelages de Saint-Samson ont été reconnus “Entreprise du patrimoine vivant” par le Ministère de la Culture, avant d’être inscrit à l’Unesco. Au-delà de ces distinctions, c’est la reconnaissance du public qui nous est cher. Lors de chaque visite, à chaque entrée dans les ateliers, à chaque évocation d’un chapitre de notre histoire, les personnes qui se rendent chez nous applaudissent. Quelque part, ils expriment une certaine reconnaissance dans notre volonté de faire perdurer un héritage passé.” En toute humilité.

Découvrir le métier de céramiste sur le site de l’Onisep

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